Con-clusion
Peut-on devenir con au bureau ?

Si la question peut paraître surprenante, voire absurde, ce manuel ne serait pas complet si nous ne nous la posions pas sérieusement, même si, comme dirait l’autre, devenir con, même proposé gentiment, ça ne fait pas super, super envie. (Les nouveaux cons, autrement dit ceux qui promettent de beaux futurs cons au bureau, diraient : « On kiffe pas. »)

Soyez rassuré ! La question est ici volontairement mal posée puisqu’il s’agit non pas de savoir si la fréquentation de cons fait devenir con (ce qui peut arriver par contamination), mais de vous laisser entrevoir doucement, et avec pédagogie, la nécessité d’apprendre à le devenir.

En matière de con au bureau, il faut apprendre, comme j’ai essayé de vous le montrer, à soigner le mal par le mal. Une lutte efficace contre le con au bureau demande anticipation, réaction, sublimation de la connerie, et une belle régularité dans l’effort (ne pas oublier que le con au bureau est un champion dans son domaine). Être plus con qu’un vrai con demande, vous le comprendrez, une assiduité sans faille et une volonté de fer.

Car, si le con surprend (même après des années passées à ses côtés) par l’aplomb et l’audace de sa connerie, il faut humblement reconnaître que son niveau de connerie est toujours largement sous-estimé. Imprévisible, il a la connerie audacieuse. Il faut être sur le qui-vive, adopter les bons réflexes, quitte parfois à faire usage de quelques trucs. C’est indispensable pour pouvoir à tout moment se mettre à son niveau, c’est-à-dire descendre très bas et naviguer habilement dans l’océan de sa connerie.

Tâtonnant au départ, vous constaterez des progrès rapides. Cabotant de conneries en vacheries, viendra un moment où, devenu marin chevronné sur les mers des cons au bureau les plus déchaînées, vous ressentirez cette complétude que ressent tout marin franchissant pour la première fois le cap Horn.

Devenu cabotin et expert, ayant dépassé la connerie du con au bureau et gagné le droit, même à contrevent, de lui cracher dessus, vous vous amuserez de ses déferlantes, de ses vagues inutiles, du vent qu’il brasse et du temps qui, de toute façon, finira par faire son œuvre et vous rendre raison !